Prévenir, diagnostiquer et traiter la DAI

La Dermite Associée à l’Incontinence (DAI) est un trouble de l’état cutané qui survient lorsque les tissus sont exposés à l’urine et aux matières fécales. Cette pathologie apparait donc chez les patients incontinents, et touche une proportion importante des personnes âgées dépendantes, on estime que 50% des résidents d’EHPAD et maison de retraite sont incontinents urinaires ainsi que 10 à 35% des adultes à domicile. L’incontinence fécale touche quant à elle, 23 à 66% des résidents, et la moitié d’entre eux présentent une incontinence mixte.

La DAI est un désagrément très répandu au sein des établissements de soin, cette pathologie est évolutive, souvent douloureuse et peut-être à l’origine de complications telle que l’apparition d’escarres. Afin de vous informer sur les risques liés à la DAI et les pratiques à mettre en œuvre pour limiter son apparition et prendre en charge cette pathologie, le Laboratoire Rivadis vous propose une revue des moyens disponibles pour diagnostiquer, prévenir et traiter la DAI.

 

Diagnostiquer

 

Quelle est la différence entre la DAI et une escarre ?

Afin d’être le plus performant possible dans la lutte contre la DAI il est important de bien saisir ce dont il est question. La DAI est souvent méconnue et fait l’objet de confusion avec l’apparition des escarres de stade 1 ou 2, ce qui rend sa prise en charge souvent standardisée comme un traitement d’escarre et non comme une DAI.
L’escarre et la DAI sont deux pathologies différentes qui peuvent co-exister. En effet la DAI n’est pas considérée comme un facteur direct de développement de l’escarre, mais sa survenue altère la peau de façon à favoriser l’apparition d’escarre.

 

Quel outil pour les différencier ?

Le tableau du diagnostic différencié a été mis au point afin de réduire la confusion entre DAI et escarre lors du diagnostic. Cet outil permet d’identifier la pathologie au travers de 7 points de différentiation.

Tableau de différenciation escarre et DAI - Laboratoire Rivadis

 

Prévenir

Une prévention efficace consiste à écarter au maximum les facteurs de risque et notamment l’exposition aux selles et à l’urine, mais cela n’est pas suffisant, il faut également instaurer un plan de soin de la peau structuré autour des principes suivants : lavage en douceur, hydratation, de préférence avec un émollient, application d’un agent protecteur sur la peau.

Quels sont les facteurs de risque ?

12 facteurs de risque ont étés identifiés grâce à divers recherches scientifiques :

  • Type d’incontinence :

– incontinence fécale (selles liquides/selles moulées)
– incontinence urinaire
– incontinence mixte (fécale et urinaire)

  • Fréquence des épisodes d’incontinence
  • Utilisation de protections occlusives
  • Altération de la peau (liée à l’âge, au diabète, aux corticoïdes)
  • Troubles de la mobilité, immobilité
  • Troubles cognitifs
  • Impossibilité d’assurer sa propre hygiène
  • Dénutrition
  • Médicaments (antibiotiques, immuno suppresseurs, corticoïdes)
  • Douleur
  • Fièvre
  • Soins d’hygiène agressifs et répétés.

Tous ces indicateurs sont à prendre en considération car ils influencent ou favorisent tous l’apparition de la DAI. Les facteurs déterminants sont le type et la fréquence des épisodes d’incontinence, les autres facteurs viennent aggraver et/ou influence l’état cutané du patient pour le rendre plus favorable au développement d’une DAI.

 

Quelles pratiques adopter pour prévenir le développement d’une DAI ?

Les objectifs principaux de la prévention de la DAI sont : l’éradication des infections cutanées, et le détournement ou le confinement de l’urine et des selles.

Le protocole de prévention de la DAI est constitué de 4 groupes de pratiques :

  • Gestion de l’incontinence : Le soignant doit savoir si cette incontinence est permanente ou occasionnelle, potentialisée par un médicament ou une pathologie aiguë. Le traitement de la cause, s’il est possible, est important et nécessite un avis médical : arrêt des laxatifs, des antibiotiques, évacuation d’un fécalome, traitement d’une infection urinaire ou d’une infection à Clostridium difficileL’utilisation de changes complets de qualité, absorbants, non irritants, est importante. Ils sont à renouveler au moins 3 fois par jour. La fréquence des changes doit être augmentée en cas de diarrhée. Chez l’homme, l’étui pénien est une bonne alternative à la protection. Plusieurs études ont montré que l’établissement d’un plan de soin personnalisé avait un impact positif sur la survenue de la DAI.
  • Nettoyer-laver : assurer l’hygiène locale Outre la toilette quotidienne, on préconise un lavage sans frotter, à l’eau et au savon s’il y a des selles, à l’eau simple en cas d’urines. On nettoie avec un savon neutre doux ou surgras ou des syndets (savon sans savon). On rince bien pour ne pas laisser de résidus. Le séchage se fait par tamponnement. Il existe des lingettes de toilette pour soins périnéaux, “tout-en-un” qui traitent et protègent la peau, sans rinçage.
  • Hydrater : L’application d’agents hydratants (crèmes), sans produit allergisant, permet l’hydratation de la couche cornée et la restauration ou le maintien de la barrière lipidique.
  • Protéger : L’application d’un protecteur cutané permet d’isoler la peau des irritants (urines et selles).

 

Traiter

Les pratiques de prévention décrites précédemment sont à conserver si une DAI survient pour limiter au maximum les risques de complication. Ainsi assurer l’hygiène locale est primordial pour favoriser le traitement de la pathologie en évitant qu’elle s’aggrave, le soignant devra être très précautionneux et laver la peau et les lésions à l’eau et au savon doux ou surgras quand il y a des selles uniquement. Sinon, lavez à l’eau simple. Des pratiques de traitement plus avancées sont à mettre en place :

  • Gérer l’incontinence : La pose d’une sonde urinaire ne doit pas être systématique, mais réfléchie en fonction de la balance bénéfice-risque. L’utilisation d’étui pénien et de changes performants est conseillée. La fréquence des changes doit être augmentée.
  • Réparer et protéger : L’application de crèmes à base de diméthicone, d’oxyde de zinc ou de dexpanthénol-vitamine B5 permet à la fois un effet cicatrisant et un effet protecteur contre les selles et les urines. Devant des lésions érosives sévères notamment des fesses, l’utilisation de pansements type hydrocellulaire siliconé s’avère utile, même si la fixation n’est pas simple.
  • Traiter les mycoses associées : Le médecin prescrira un traitement antifongique imidazolé local par une crème en première intention. Si la mycose est diffuse et étendue, un traitement oral par fluconazole sera entrepris.

Prise en charge de la douleur : L’évaluation de l’inconfort et des douleurs du patient se fait avec des échelles spécifiques (EVS, EVA, ALGOplus…). Le médecin proposera un traitement antalgique adapté au malade. Les soins locaux peuvent être réalisés sous MEOPA.

 

Quels produits de la gamme Rivadouce Partenaire Soin utiliser pour appréhender la DAI ? 

Entrant dans le protocole de prévention de la DAI, l’utilisation du Soin Protecteur cutané est recommandée, il est indiqué pour le corps et les peaux sensibles et fragilisées. Un dispositif médical de classe I au corps gras et à l’oxyde de zinc (12%).

Les bénéfices :

  • Forme une barrière protectrice à la surface de la peau
  • Prévient la macération et l’irritation cutanée
  • Soulage et apaise les peaux sensibles et fragilisées
  • S’applique et s’élimine facilement sans frotter la peau

 

Pour la mise en place du protocole de change et le nettoyage des patients, la solution nettoyante sans rinçage est recommandée. Indiquée pour le nettoyage du corps et du visage pour les adultes alités ou à mobilité réduite, pour les peaux sensibles et fragilisées, ainsi que pour les muqueuses génitales externes.

Les bénéfices :

  • Convient pour l’essuyage du visage après le repas, la toilette totale ou le change
  • Ne dessèche pas la peau, procure une sensation de confort après application
  • Laisse un parfum discret sur la peau sans sensation de résidus gras ou d’ « effet collant »
  • Formule testée sous contrôle dermatologique et gynécologique

 

Pour les soins d’incontinence légère à modérée, les lingettes sont recommandées. Indiquées pour le nettoyage du corps et du visage pour les adultes alités ou à mobilité réduite, également indiqué pour les peaux sensibles.

Les bénéfices :

  • Nettoient en douceur, s’utilisent pour la toilette fréquente
  • Adaptées au soin des adultes (dimensions 19.5x22cm)
  • Donnent une sensation de confort, protège la peau des irritations
  • Testées sous contrôle dermatologique
  • Fibres 100% biodégradables

 

 

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Sources :
– Beeckman D et al. Proceedings of the Global IAD Expert Panel. Incontinence associated dermatitis: moving prevention forward. Wounds International 2015.
– S.Meaume, A. Joubert, J. Fontaine. JPC 2013; 18(91) : 28-33
– American Journal of Clinical Dermatology –  Dermite associée à l’incontinence : des lingettes pour les soins et la toilette ?
– Dermite Associée à l’incontinence. Une pathologie fréquente mais méconnue ; Dr Nathalie Faucher1, Sylvie Palmier2, Dr Sylvie Meaume3 ; Repères en gériatrie ; mai 2017 ; vol.19 ; numéro 55 ; P106-110
– Présentation – Dermite associée à l’incontinence ; Dr Juliette Fontaine ; unité gériatrie plaies et cicatrisation ; hôpital Rothschild, APHA Paris