L’état cutané dans la prévention du risque d’escarre

 

La prévention de l’escarre, une approche pluridisciplinaire

La prévention de l’escarre fait partie du quotidien des soignants. Elle s’intègre dans un protocole complet d’actions complémentaires les unes des autres et recouvrant un large spectre des aspects de la santé du patient. Ce protocole couvre l’évaluation du risque par des moyens comme l’échelle de Norton, la surveillance des zones à risques, l’utilisation de soins cutanés et la lutte contre la macération, la surveillance de l’état général du patient en étant attentif à son équilibre nutritionnel, ainsi que la prise en compte du support et de la mobilisation du patient par la mise en décharge des zones à risques.

La survenue d’une escarre a de réelles conséquences au sein de la structure de prise en charge :

  • Pour le personnel soignant: changements de pansements, odeurs, prise en charge pluridisciplinaire, réticences du patient, culpabilité face à l’aggravation potentielle.
  • Pour le patient: douleur, odeur, « trou dans la peau », altération de l’image de soi, proximité de la fin de vie.

Les facteurs de risque d’escarre sont multiples, l’efficacité de la prévention tient d’une veille régulière et rigoureuse de toutes les variables qui constituent l’état de santé général du patient. Ainsi nous vous proposons un article dédié au décryptage de l’un des facteurs de risque : l’état cutané.

Lire notre dossier thématique sur  la prévention du risque d’escarre chez les personnes âgées ou dépendantes en EHPAD

 

 

L’état cutané et le risque d’escarre

Constituée de plusieurs couches successives et liées entre elles par une matrice lipidique, la peau joue le rôle de barrière et remplit des fonctions de protection, de régulateur du flux de l’eau (perte en eau, surhydratation…), d’équilibration du pH de la peau. A l’état normal, la peau est une barrière physique qui protège les tissus et les organes des agressions extérieures dont les traumatismes mécaniques et les agents infectieux.

L’état de la peau peut-être altéré par des facteurs environnementaux et par le vieillissement physiologique, certaines modifications de l’état cutané peuvent favoriser le risque d’escarre, notamment :

  • La sécheresse cutanée.
  • La modification de la composition de la barrière cutanée.
  • La macération.

Avec l’âge, la peau ralentit son renouvellement cellulaire, perd de l’épaisseur, de la sensibilité et de la souplesse, se fragilise et se déshydrate.
La barrière cutanée et son homéostasie hydrique s’altèrent avec la réduction des lipides du stratum corneum et des anomalies profondes de la synthèse du cholestérol (Source : 5, 9 et 12).

 

Sécheresse cutanée

La sécheresse cutanée est un facteur de risque dans l’apparition d’escarres.

On observe que la prévalence de la sécheresse cutanée est significativement plus importante chez les patients ayant déjà développé une escarre (70%, contre 46% pour les patients n’ayant pas subi d’escarre). Le constat est similaire si l’on observe la relation entre la sécheresse cutanée et le risque d’escarre par région spécifique, pour exemple la sécheresse cutanée aux membres inférieurs multiplie le risque d’escarre talonnière par 1,85 (Lechner et al, 2017)1.

L’hydratation cutanée est un des facteurs responsables de la résistance aux contraintes mécaniques, son entretien est capital car la rétention d’eau dans le Stratum Corneum assure la souplesse et l’élasticité de la peau. Lorsque le Stratum Corneum est bien hydraté ou réhydraté, il montre de meilleures capacités à conduire les influx nerveux tactiles (Source : 2, 3, 10 et 11).

 

Barrière cutanée

La barrière cutanée est constituée d’une flore bactérienne résidente dite « amie ». Ce microbiome bactérien est la première barrière cutanée, la peau et la flore commensale forment un écosystème protecteur, qui protège la peau de toute agression. Une perturbation de cet équilibre  par une flore endogène ou exogène potentiellement pathogène est susceptible d’entraîner des troubles cutanés ou infections (Source : 4, 6 et 8).

 

Macération et incontinence

L’exposition prolongée de la peau à l’urine et aux matières fécales créée un milieu favorisant la prolifération des bactéries et autres micro-organismes.
L’urine étant essentiellement alcaline, elle détruit le film acide de la peau. Et détériore la barrière cutanée ce qui entraîne une fragilisation de la peau et augmente la sensibilité aux frottements. Dans ce contexte la peau fragilisée est moins apte à se protéger des agressions extérieures.

Cet état cutané dégradé peut entraîner des complications :

  • Sur la zone du sacrum, ce mauvais état cutané peut favoriser la survenue d’escarres par macération.
  • L’irritation cutanée peut évoluer en DAI (Dermite ou Dermatite Associée à l’incontinence) : il s’agit d’une inflammation de la peau au niveau périnéal- périgénital voire périanale en cas d’incontinence fécale. Cette inflammation est parfois accompagnée de bulles avec des exsudats séreux, d’une érosion ou d’une infection cutanée secondaire. Elle occasionne sur la zone atteinte une gêne, des brûlures, démangeaisons ou picotements.

50% des résidents de maison de retraite présentent une incontinence : la prévalence des dermites associées à l’incontinence varie de 5,6% à 50%7.

La DAI est une affection coûteuse à traiter, et malgré tout souvent méconnue par manque de diagnostic standardisé. Pour autant, sa prévention est moins onéreuse que son traitement. Dans sa forme modérée la DAI est difficile à distinguer de l’escarre, et dans sa forme sévère elle occasionne des plaies difficiles à prendre en charge. C’est une source d’inconfort et de douleur chez les patients incontinents. Il est possible d’en assurer la prévention de façon efficace et économique grâce à des protecteurs cutanés et des soins d’hygiène de qualité.

Lire notre dossier thématique sur la prévention de la macération en EHPAD et en gériatrie.

 

 

Quels produits privilégier dans la gamme Rivadouce Partenaire soin pour prévenir les risques d’escarres dues à l’altération de l’état de la peau ?

Les produits de la gamme Rivadouce Partenaire Soin sont spécialement formulés pour le soin des peaux fragilisées des personnes âgées ou dépendantes.

 

Huile de soin Rivadouce Partenaire Soin 50ml - Laboratoire Rivadis
Huile de soin

Prévenir la sécheresse et préserver la barrière cutanée

L’huile de soin est indiquée pour la prévention du risque d’escarre faible à modéré. Elle facilite le glissement de la peau sous les doigts lors de l’effleurage, adoucit la peau et permet une hygiène satisfaisante grâce à un flacon individuel. Découvrez aussi l’huile de soin végétale composée à 99% d’ingrédients d’origine naturelle.

 

Dermactyl A2B est un produit indiqué pour la prévention du risque d’escarre modéré à fort :

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  • Hydrate intensément la peau : +80% d’hydratation à J21*.
  • Améliore les propriétés biomécaniques de la peau : renforce l’extensibilité de la tonicité cutanée.
  • Bénéficie de l’action synergique de son complexe breveté Rivaprotect® (BREVET N°EP2965745), il protège la peau des zones à risque de l’adhésion des bactéries exogènes.
  • Facilite l’effleurage des points d’appui grâce à une galénique inédite : l’émulsion fond et se transforme en huile pour un glissement facilité.

*Résultat d’un test d’usage sous contrôle dermatologique avec mesure instrumentales et scorages cliniques : étude sur la zone trochantérienne sur 15 à 20 sujets de plus de 60 ans ayant la peau sèche ; 3 applications par jour pendant 21 jours.

 

Prévenir la DAI et l’escarre par macération

La première barrière contre la DAI passe par une toilette de change efficace pour les patients et facile pour les soignants, dans ce cadre la Solution sans rinçage Rivadouce Partenaire Soin est recommandée.

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Soin Protecteur Cutané

Elle ne dessèche pas la peau, offre une sensation de confort et une toilette douce.

Pour une prévention efficace de la macération, le Soin Protecteur Cutané est indiqué lors du soin de change:

  • Forme une barrière protectrice à la surface de la peau.
  • Prévient la macération et l’irritation cutanée
  • Soulage et apaise les peaux sensibles et fragilisées
  • S’applique et s’élimine facilement sans frotter la peau.

 

Sources :

  1. Anna Lechner, Nils Lahmann, Konrad Neumann, Ulrike Blume-Peytavi, Jan Kottner. (2017). Dry skin and pressure ulcer risk: a multi-center cross-sectional prevalence study in German hospitals and nursing homes. International journal of nursing studies.
  2. CEDEF. Barrière cutanée 2011 [consulté le 3/10/2017]. Disponible sur: https://lyon-sud.univ-lyon1.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1320402908123
  3. CEDEF. Barrière cutanée -Absorption percutanée. Ann DermatolVenereol2005;132:8S51-52.
  4. CEDEF. Flore cutanée. Ann DermatolVenereol2005;132:8S53
  5. CNRS. La bio-ingénierie de la peau et des tissus élastiques 2011. [consulté le 5/10/ 2017].
  6. DrénoB. Anatomie et physiologie de la peau et de ses annexes. Ann DermatolVénéréologie 2009;136:S247–51.
  7. Faucher N, Palmier S, Vanderbrugghe M. Escarres périnéales et dermite associées à l’incontinence. Revue Francophone de Cicatrisation. 2017;1(3):32-36. doi:10.1016/S2468-9114(17)30371-7
  8. GriceEA, SegreJA. The skin microbiome. Nat RevMicrobiol2011;9(4):244–53.
  9. Michel JM, WilleboisS, RibinikP, Barrois B, Colin D, PassadoriY. Quels sont les facteurs de risque prédictifs d’escarre? Vers l’élaboration de recommandations françaises pour la pratique clinique. Ann PhysRehabilMed. :454–65.
  10. TfayliA, Jamal D, VyumvuhoreR, ManfaitM, Baillet-GuffroyA. Hydrationeffectson the barrierfunctionof stratum corneumlipids: Raman analysisof ceramides2, III and 5. The Analyst2013;138(21):6582–8.
  11. VerschooreM, Saint Léger D. Physiologie de la peau saine: hydration, hygiène, soins, conseils -Thérapeutique Dermatologique. In: Thérapeutique dermatologique 2015 [consulté le 3/10/2017]. Disponible sur: http://www.therapeutique-dermatologique.org/spip.php?article1365&var_recherche=aisselles#tableIV
  12. ZouboulisCC, MakrantonakiE. Clinicalaspects and moleculardiagnostics of skin aging. Clin Dermatol2011;29(1):3–14.